Et si, au lieu de dire “faites moins de bruit”, on apprenait aux collégiens à comprendre le son… puis à agir intelligemment ?

Depuis 2015, l’association musiquesactuelles.net mène en Alsace des actions de prévention des risques auditifs auprès des scolaires, du CP à la Terminale. Parmi ces actions, un atelier destiné aux collégiens (autour de 14 ans) se distingue : animé par Ricardo Gomes (réalisateur et gérant de Suprahead Studio, agence de production audiovisuelle à Strasbourg), il transforme les élèves en enquêteurs, reporters et force de proposition. (Fédération Musiques Actuelles Grand Est)

L’idée est simple — et redoutablement efficace : mesurer, comprendre, raconter, puis réduire sans interdire.

Prévention du Bruit au Collège avec Ricardo Gomes (Suprahead Studio) 58
Prévention du Bruit au Collège avec Ricardo Gomes (Suprahead Studio) 58

Brief image : Un groupe de 4 collégiens dans un couloir, un élève tient un smartphone comme sonomètre, un autre prend des notes, ambiance “mission enquête”.
Alt text : Élèves mesurant le bruit au collège avec un smartphone dans un atelier de prévention.


Pourquoi le bruit au collège est un vrai sujet (même sans douleur aux oreilles)

On associe souvent le risque auditif à un “son trop fort” — concert, écouteurs, enceintes. Mais au collège, le sujet est plus large : la fatigue sonore.

Le bruit agit comme une charge mentale : il augmente la tension, diminue la concentration, favorise l’irritabilité… bien avant d’abîmer l’audition. Des organismes de référence rappellent que le bruit a aussi des effets extra-auditifs (gêne, difficultés de concentration, etc.). (bruitparif.fr)

Citation (à utiliser en encadré WordPress)
“Le bruit ne casse pas seulement les oreilles. Il épuise le cerveau.”

Objectif de l’atelier : faire passer le collège d’un réflexe (“chut !”) à une logique (“on mesure → on comprend → on réduit”).


Le principe clé : Risque = Intensité (dB) × Durée (temps)

Image (16:9)

Brief image : Une infographie simple : “Risque = dB × durée”, avec une barre qui augmente quand le temps augmente.
Alt text : Infographie du principe intensité sonore et durée d’exposition.

Dès le départ, l’atelier pose une règle d’or : le risque dépend du niveau sonore ET du temps d’exposition.

Pour ancrer ça, Ricardo Gomes s’appuie sur une échelle visuelle et des exemples très concrets : bibliothèque, salle de classe, cantine, cour, couloirs… Les élèves apprennent aussi que l’échelle des décibels n’est pas “linéaire” : quelques dB de plus peuvent changer beaucoup de choses en perception et en exposition.

Pour donner un repère santé grand public, l’OMS partage des ordres de grandeur d’écoute sans risque : par exemple, 80 dB jusqu’à 40 h/semaine, 90 dB jusqu’à 12 h 30/semaine. (Organisation mondiale de la santé)


Tableau — repères simples (utile en classe + pour un extrait Google)

Situation typiqueNiveau (ordre de grandeur)Ce que ça impliqueAstuce immédiate
Bibliothèque / calme~30 dBtrès faible
Salle de classe “normale”~50–70 dBfatigue possible à la longuefermer portes, organiser les transitions
Cantine / couloir animé~75–90 dBcharge mentale + hausse du risque si répétitiféloigner les attroupements, réduire les chocs
Cour très bruyante / cris~90 dB et +durée d’exposition à surveillerzones “calmes”, jeux moins sonores
Événements très sonores100–110 dB+risque élevé si prolongéprotections, distance, pauses

Repères et prévention : l’OMS rappelle que plus le volume monte, plus la durée “sans risque” diminue. (Organisation mondiale de la santé)
(À noter : en prévention en milieu de travail, des organismes comme l’INRS situent un niveau élevé autour de 85 dB(A) sur la durée. (INRS))


Méthodologie : “Enquêteurs du Son” (et zéro chaos)

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Brief image : Une carte du collège stylisée avec des points de mesure (cantine, couloir, cour, classe) et des pictos “dB”.
Alt text : Carte des points stratégiques de mesure du bruit au collège.

Le cœur de l’atelier, c’est l’enquête. Et pour qu’une enquête soit crédible, il faut un protocole.

Encadrés par l’expertise technique de Suprahead Studio, les élèves appliquent une méthode simple, reproductible et rassurante : même posture, mêmes durées de mesure, mêmes règles de prise de note.

Points de mesure stratégiques :

  • cantine
  • couloirs
  • cour de récréation
  • salles de classe

Organisation en rôles (4 élèves = 4 missions)

But : éviter l’agitation… et obtenir des données fiables.

  1. Mesureur(se) : tient le smartphone à hauteur de poitrine
  2. Secrétaire : note moyenne + pics (valeurs hautes)
  3. Observateur(trice) : identifie la source (cris, chaises, résonance…)
  4. Porte-parole : restitue au groupe

Citation (encadré)
“On n’est pas là pour accuser : on est là pour comprendre.”


Le détail qui change tout : “s’éloigner pour se protéger”

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Brief image : Deux scènes côte à côte : près d’une source sonore vs plus loin, avec une flèche “distance = exposition réduite”.
Alt text : Illustration : s’éloigner d’une source sonore réduit l’exposition.

Parmi les apprentissages les plus “actionnables”, il y a la distance. Sans entrer dans des formules complexes, les élèves retiennent une idée : je ne contrôle pas toujours le bruit, mais je peux souvent contrôler ma position.

C’est une prévention réaliste : applicable en cantine, en cour, lors d’un atelier, d’un match, d’un événement.


Le reportage radiophonique : donner une voix au diagnostic

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Brief image : Un écran avec une timeline audio (montage), un micro posé sur une table, des élèves regardent le montage.
Alt text : Élèves découvrant le montage audio d’un podcast de prévention du bruit.

L’originalité majeure de l’atelier, c’est la création d’un podcast de 8 à 12 minutes.

Pourquoi c’est puissant ?

  • parce que les chiffres seuls s’oublient vite
  • parce que la narration donne du sens
  • parce que les élèves deviennent auteurs du message, pas juste destinataires

Structure en 3 actes :

  • Acte 1 : présentation des mesures (moyennes + pics)
  • Acte 2 : témoignages / interviews (élèves, professeurs, personnel)
  • Acte 3 : analyse + recommandations concrètes

Le montage est réalisé en temps réel et projeté : les élèves comprennent ce qu’est une intention éditoriale, pourquoi on coupe, pourquoi on garde un témoignage, comment on équilibre les voix.

Et là, l’école change de statut : elle devient un terrain de reportage, pas un lieu où l’on “subit”.


“Réduire sans interdire” : passer de la mesure à l’action

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Brief image : Un tableau “Plan d’action” en trois colonnes : immédiat, organisation, matériel, avec des exemples illustrés.
Alt text : Plan d’action anti-fatigue sonore au collège : immédiat, organisation, matériel.

Le but final n’est pas le silence. C’est la qualité de vie sonore.

Les élèves proposent généralement des actions sur trois niveaux :

1) Actions immédiates (0 €)

  • soulever les chaises au lieu de les traîner
  • fermer doucement portes/casiers
  • réduire les cris en intérieur (rappels ciblés, pas moralisateurs)

2) Actions organisationnelles

  • un signal visuel de niveau sonore (code couleur, pictos)
  • des zones “calmes” temporaires (lecture, discussion posée)
  • repenser certains flux (attroupements, goulots d’étranglement)

3) Actions matérielles

  • patins sous les chaises
  • panneaux ou éléments acoustiques aux points critiques
  • aménagements simples anti-réverbération

Citation (encadré)
“On ne veut pas supprimer l’énergie. On veut supprimer la fatigue.”


Livrable : un fichier audio finalisé (et un effet durable)

Image (16:9)

Brief image : Une icône fichier audio + logo du collège (fictif) + mention “Podcast final”.
Alt text : Fichier podcast final remis à l’établissement après l’atelier.

À la fin de la journée, l’établissement reçoit un fichier audio finalisé : un contenu concret, partageable, qui documente l’engagement des élèves et sert de base durable à l’amélioration du cadre sonore.

C’est aussi un outil de dialogue interne : la prévention devient un projet commun (élèves, équipe éducative, agents, direction), pas un rappel à l’ordre.


Mini check-list pour les collèges qui veulent reproduire l’esprit de l’atelier

Prévention du Bruit au Collège avec Ricardo Gomes (Suprahead Studio) 33
Prévention du Bruit au Collège avec Ricardo Gomes (Suprahead Studio) 33

L’une des originalités de l’atelier est la création d’un podcast de 8 à 12 minutes. Ce format permet d’initier les élèves aux techniques du reportage et du mixage audio professionnel.

  • Définir 4 zones de mesure (cantine, couloir, cour, classe)
  • Former des équipes de 4 avec rôles fixes
  • Noter moyenne + pic + source identifiée
  • Préparer 5 questions d’interview simples
  • Produire 8–12 minutes : chiffres → voix → actions

FAQ (format parfait pour rich snippet)

Le bruit au collège abîme-t-il forcément l’audition ?

Pas forcément, mais il peut générer une fatigue cognitive importante et augmenter le risque si l’exposition est répétée et longue.

Pourquoi mesurer en décibels avec des élèves ?

Parce que la mesure transforme un “ressenti” en diagnostic, et permet de proposer des actions ciblées plutôt que des interdictions floues.

Quelle est la règle la plus simple à retenir ?

Risque = intensité (dB) × durée. Plus c’est fort, moins on peut rester longtemps exposé. (Organisation mondiale de la santé)

Pourquoi faire un podcast ?

Parce que le podcast fait passer les élèves du statut de spectateurs à celui de reporters : ils comprennent, synthétisent et convainquent.


Conclusion : un atelier qui met les élèves au centre (et ça change tout)

Cet atelier “Enquêteurs du Son” réussit là où beaucoup de sensibilisations échouent : il ne se contente pas d’informer, il implique. Mesurer, interviewer, monter, restituer… c’est une pédagogie active qui crée de l’adhésion, donc de la prévention réelle.

Et surtout, il installe une culture saine : réduire sans interdire, améliorer sans culpabiliser, rendre le collège plus vivable sans éteindre la vie.


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